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Chico Mendes : « Non à la déforestation », de Isabelle Collombat (Ed Actes Sud, Ceux qui ont dit non )
Aujourd’hui, beaucoup ignorent qui fut Chico Mendes et le combat qu’il a mené afin de préserver la forêt amazonienne. A l’heure où les voix pour la sauvegarde de la planète se font de plus en plus nombreuses, cet homme apparaît comme un précurseur. Né dans une famille de seringueros (ceux qui récoltent le caoutchouc), autodidacte et syndicaliste, il s’est imposé comme le rassembleur des habitants de la forêt qui se sont élevés contre la déforestation. Il fut assassiné en 1988 par des propriétaires terriens. Cet ouvrage poignant nous fait découvrir un homme dont la vie, mais surtout la mort, força ses concitoyens et la communauté internationale à prendre conscience de la catastrophe écologique liée à la déforestation en Amazonie. Depuis sa création en 2008, la collection « Ceux qui ont dit non » poursuit son engagement : proposer aux lecteurs une réflexion sur des sujets encore brûlants d’actualité en mettant en scène des personnalités fortes qui ont eu un jour le courage de se révolter pour faire triompher la liberté ou la justice.

Chico Mendes, déforestation, seringueros

Ivan Illich & la société conviviale par Thierry Paquot et Ivan Illich (Ed Le Passager clandestin)

« La productivité se conjugue en termes d’avoir, la convivialité en termes d’être. »
Philosophe, historien, prêtre sans paroisse, enseignant nomade et polyglotte, Ivan Illich (1926-2002) fut une figure incontournable des débats intellectuels des années 1970. Implacable critique de la société industrielle, il a démontré qu’au-delà d’un certain seuil, les institutions se révèlent contre-productives. Il a dénoncé la tyrannie des besoins dictés par la société de consommation et mis en garde contre la dépendance exercée par les outils démesurés du capitalisme.
Il oppose au productivisme et au culte de la croissance un art de vivre qui entremêle sobriété, simplicité et générosité. La société conviviale dessinée par Illich cherche à garantir l’autonomie et la créativité humaines.
À l’heure où la technologie et l’économie ne cessent d’étendre leur emprise sur la société, Thierry Paquot nous invite à redécouvrir une pensée stimulante et anticonformiste qui accompagne aujourd’hui de nombreuses pratiques alternatives.

André Gorz pour une pensée de l’écosocialisme , par Françoise Gollain et André Gorz (Ed Passager clandestin)

Figure emblématique de l’écologie politique, André Gorz prôna, dès les années 1960, un humanisme « qui reconnaisse un lien organique entre les vivants, les écosystèmes, l’histoire et les sociétés ». Il appelait de ses vœux une société où « travailler moins et consommer moins à condition de vivre autrement ». Gorz fut l’un des premiers à s’interroger sur le contrôle et les fins de la production : que produit-on ? Comment ? Pour quel usage ? À quel prix ? Précurseur de la décroissance, il nous invite aussi à cesser de nous comporter en consommateurs irresponsables. À l’heure où les notions de « travail » et de « richesses » sont au cœur de la crise, ses propositions sont plus actuelles que jamais : distribution égale des ressources, réduction drastique du temps travaillé, revenu garanti à tous, réappropriation des savoir-faire, de la convivialité et de l’autonomie dans la définition des besoins…
À la gestion technocratique de l’environnement que nous promet le « développement durable », Gorz opposait un écosocialisme, alliant justice sociale et respect du milieu, et fondé sur l’idée de « décroissance productive » contre la « croissance destructrice » capitaliste qui anéantit notre planète. » La promesse de Gorz, c’est un projet d’émancipation individuelle et collective et une invitation à sortir de la religion de l’économie et de la technoscience.
L’ouvrage offre à la fois une présentation très claire des concepts de Gorz par Françoise Gollain, et un accès direct à l’œuvre de Gorz avec un ensemble de textes extraits de Adieux au prolétariat, Les chemins du paradis, Ecologica, L’immatériel, Misères du présent, richesse du possible.

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Le Système Dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation (Les liens qui libèrent, 2017)

Un récit captivant donnant les clés indispensables pour comprendre la mécanique implacable de la dette et l’évolution du monde capitaliste au cours des deux derniers siècles. De l’Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l’Égypte, la dette a de tous temps été utilisée comme une arme de domination et de spoliation.

de Eric Toussaint (docteur en sciences politiques des universités de Liège et de Paris VIII, porte-parole du CADTM international et membre du Conseil scientifique d’ATTAC France, Coordinateur des travaux de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015 par la présidente du Parlement grec qui a fonctionné entre avril et octobre 2015).

L’animal est-il un homme comme les autres ? Les droits des animaux en question: Les droits des animaux en question, de Aurélien Barrau et Louis Schweitzer (Ed Dunod)
Charles Darwin avait révolutionné l’idée que nous nous faisions de notre place dans la nature. Aujourd’hui, la science découvre peu à peu que les animaux pensent, apprennent, transmettent et qu’ils sont des êtres sensibles, déclenchant une véritable révolution philosophique et éthique. C’est ainsi que depuis 2015, ils ne sont plus considérés comme des « bien meubles », mais comme des « êtres vivants doués de sensibilité ». Peut-on aller plus loin, et quel serait un droit des animaux ?
Entre passion et réalisme, Louis Schweitzer, président de la fondation « Droit animal, éthique et science », et Aurélien Barrau, philosophe et astrophysicien, militant pour le respect des animaux, tentent de répondre à cette question qui remet profondément en cause nos choix de société.

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La révolution permanente, Lev Davydovi Trockij dit Trosky (Edition de Minuit)

La révolution permanenet n’est pas un bon du prolétariat mais la transformation de la nation sous la direction du prolétariat
Le présent ouvrage est consacré à une question qui est étroitement liée à l’histoire des trois révolutions russes et qui va même au-delà. Pendant ces dernières années, cette question a joué un rôle immense dans les luttes intestines du parti communiste de l’Union soviétique ; elle a été ensuite posée devant l’Internationale communiste ; elle a joué un rôle décisif dans le développement de la Révolution chinoise et a déterminé toute une série de décisions extrêmement graves, ayant trait à la lutte révolutionnaire dans les pays d’Orient. Il s’agit de la théorie dite de la  » révolution permanente  » qui, d’après les épigones du léninisme (Zinoviev, Staline, Boukharine et autres) constitue le péché originel du  » trotskysme « .

La violence des riches
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Editeur La découverte)
Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d’un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d’intensification multiforme de la violence sociale. Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’une grande agression sociale, d’un véritable pilonnage des classes populaires – un monde social fracassé, au bord de l’implosion. Loin d’être l’œuvre d’un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d’un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp. À ceux qui taxent indistinctement de « populisme » toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du « bourgeoisisme ».
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, ont notamment publié Grandes Fortunes. Dynasties familiales et formes de richesse en France (Payot, 1996), Sociologie de la bourgeoisie (La Découverte, « Repères », 2000), Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces (Seuil, 2007) et Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy (Zones, 2010).

Le Capital (Tome 1-Livre I)
Karl Marx (Ed Folio essais)
«J’étudie dans cet ouvrage le mode de production capitaliste et les rapports de production et d’échange qui lui correspondent. […] Il ne s’agit point ici du développement plus ou moins complet des antagonismes sociaux qu’engendrent les lois naturelles de la production capitaliste, mais de ces lois elles-mêmes, des tendances qui se manifestent et se réalisent avec une nécessité de fer. Au premier abord, la marchandise nous est apparue comme quelque chose à double face, valeur d’usage et valeur d’échange. Ensuite nous avons vu que tous les caractères qui distinguent le travail productif de valeurs d’usage disparaissent dès qu’il s’exprime dans la valeur proprement dite. J’ai le premier mis en relief ce double caractère du travail représenté dans la marchandise. […] Tant qu’elle est bourgeoise, c’est-à-dire tant qu’elle voit dans l’ordre capitaliste, non une phase transitoire du progrès historique, mais bien la forme absolue et définitive de la production sociale, l’économie politique ne peut rester une science qu’à condition que la lutte des classes demeure latente ou ne se manifeste que par des phénomènes isolés.» Karl Marx.

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Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité – Face à la catastrophe écologique et sociale , de Aurélien Barrau ( Editeur Michel Lafon)
Écologie : il faut agir maintenant, il n’est pas trop tard pour éviter le pire ! La question écologique engage notre survie. Elle ne peut pas être considérée comme secondaire.  » La vie, sur Terre, est en train de mourir. L’ampleur du désastre est à la démesure de notre responsabilité. L’ignorer serait aussi insensé que suicidaire. Plus qu’une transition, je pense qu’il faut une révolution.
Et c’est presque une bonne nouvelle. Ce livre fait suite à l’appel, signé par 200 personnalités, que l’actrice Juliette Binoche et d’autres avaient lancé dans le journal Le Monde du 3 septembre 2018. « 

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Bases du trotskysme, de Patrick Loiseau (Ed Les cahiers de G.E.R. La maison du lérot – Février 2020)
Les cahiers de G.E.R. (Groupe d’études révolutionnaires) sont parmi les outils les plus appréciés pour leur contenu théorique et politique et constituent les premiers éléments de cooptation d’un militant désirant intégrer le courant trotskyste le plus important et sans doute le plus mal connu de la Quatrième internationale : le courant dit « lambertiste ».Pour qui considère que « le marxisme n’est pas un dogme mais un guide pour l’action » (Lénine) et qu’il n’y a pas de lutte révolutionnaire sans théorie, pas plus que de vérité résidant uniquement dans l’abstrait, trouvera dans les fascicules reproduits ici en totalité les bases politiques minimum qu’un militant révolutionnaire se réclamant des enseignements de Marx, de Lénine et de Trotsky se doit de confronter à sa propre critique. Et ce à seule fin d’intégrer ce que l’on pourrait appeler une méthode fiable d’analyse et d’action.

Les Combattants , de Jean-Michel Billioud et Nicolas André (Ed Casterman)
Le documentaire présente chronologiquement 15 hommes et 15 femmes qui « ont voulu changer le monde et ont combattu pour une cause qui leur semblait juste ». Chaque « combattant », plus ou moins connu des jeunes, est présenté de la même façon : une première page fournit des éléments biographiques et résume en une phrase sa lutte, puis un paragraphe invite le lecteur à réfléchir quant au combat mené. Ensuite, une bande dessinée de deux pages illustre un épisode de la vie du personnage historique. Chaque chapitre se conclut par une mise au point actuelle sur le combat mené : est-il gagné ? Faut-il toujours se mobiliser pour celui-ci ?

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Leur folie, nos vies, la bataille de l’après, de François Ruffin (Ed Les Liens Qui Liberent)
Pendant le confinement, depuis sa cuisine, François Ruffin dessine le monde de demain. On en était où ? Ah oui. On fonçait vers le gouffre, à vitesse accélérée. La calotte glaciaire fondait, les ours polaires se noyaient, le Mont-Blanc reculait, les oiseaux ne se cachaient même plus pour mourir. Et soudain, la planète s’arrête. C’est une crise, avec son cortège de drames. Mais c’est aussi une fenêtre. L’occasion d’une bifurcation. La mondialisation, le tout-marché, c’était « une folie », regrette le président. Et on nous le promet : « Il y aura un avant et un après ». L’espoir renaît. La crainte aussi. Car, déjà, tout repart comme avant, de l’avant, et même pire qu’avant… L’après se mérite. L’après est un champ de bataille. L’après est un combat, contre les forces obscures qui ne renoncent pas.

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Manifeste du parti communiste
Friedrich Engels et Karl Marx (Editions Flamarion GF )
Le Manifeste marque un tournant dans l’histoire du mouvement ouvrier : retraçant brièvement la genèse de la lutte des classes, Marx et Engels voulaient aussi doter la classe ouvrière d’un programme donnant des fondements scientifiques et durables à toute action révolutionnaire. Le résultat fut cette œuvre brève, mondialement diffusée et dont la première édition vit le jour en 1848. Le présent volume comporte, outre le texte du Manifeste, un dossier qui inclut les préfaces des différentes éditions et des extraits de la correspondance entre Marx et Engels.

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Cornelius Castoriadis & l’autonomie radicale, par Serge Latouche et Cornelius Castoriadis (Ed Le Passager Clandestin)

« La passion pour les objets de consommation doit être remplacée par la passion pour les affaires communes. »

Philosophe, économiste et psychanalyste, mais aussi militant politique et révolutionnaire, Cornelius Castoriadis (1922-1997) prônait l’avènement d’une société autonome fondée sur la démocratie directe et l’écologie. La force de sa pensée, nous dit Serge Latouche, est d’inciter au dévoilement des mythologies sociales qui sous-tendent nos sociétés, car l’homme a oublié qu’il était lui-même à l’origine des lois qui les fondent. La réalisation d’une société de décroissance implique donc de décoloniser nos imaginaires pour changer le monde avant que le changement du monde nous y condamne dans la douleur.

A l’heure où les discours sur l’effondrement se font de plus en plus présents, Castoriadis nous rappelle que « l’insertion de la composante écologique dans un projet démocratique radical est indispensable » pour éviter « face à une catastrophe écologique mondiale », de voir s’installer « des régimes autoritaires imposant des restrictions draconiennes à une population affolée et apathique ».

 

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Pesticides, Révélations sur un scandale français , de Fabrice Nicolino et François Veillerette (Ed Hachette Pluriel Reference)
C’est un sujet qui peut nous paraître lointain, et pourtant il nous concerne tous. Car les pesticides sont partout, jusque dans la rosée du matin. Et dans la pluie des villes, bien sûr, de toutes les villes de France.
Pour cette raison et quelques autres que vous apprendrez, les conséquences sanitaires de l’exposition aux pesticides sont d’ores et déjà massives. Des centaines d’études, à l’échelle internationale, montrent que ces produits de la chimie de synthèse agissent, même à des doses infinitésimales, sur notre équilibre le plus intime. Le cordon ombilical du foetus, le système endocrinien, la fabrication du sperme sont atteints. Les cancers et les maladies neurologiques se multiplient.
Ce n’est pas drôle ? Non. Mais les auteurs de ce livre ont pris un parti : celui de raconter des histoires avec de vraies gens. Vivantes, parfois extravagantes. Depuis 1945, l’industrie des pesticides a pris le pouvoir en France, sans que personne s’en doute. Cet ouvrage donne des noms, livre des dates, fouille les archives. Oui, on a truqué des congrès prétendument scientifiques. Oui, les industriels ont infiltré, et continuent de le faire, les commissions officielles chargées du contrôle des pesticides. Oui, l’« agriculture raisonnée », que les pouvoirs publics français présentent comme la solution de l’avenir, est une farce, une incroyable manipulation.

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Philosophie de Marx
Etienne Balibar (Editions La Découverte)
Étienne Balibar tente ici un double pari : rendre accessibles les thèmes et les problèmes proprement philosophiques traités par Marx ou qui peuvent être posés à partir de son ouvre et – au terme d’un siècle et demi de controverses passionnées dont la « philosophie marxiste » a été le lieu ou l’enjeu – proposer les éléments d’un bilan et d’un pronostic. Le marxisme, aujourd’hui en pleine refonte, n’est-il pas en train de devenir une composante d’une pensée critique plus large ? Libérée de toute prétention à constituer par elle-même une « conception du monde », échappant par là-même aux oscillations qui ont marqué son passé récent entre le statut d’une quasi-religion et celui d’une pseudo-science, la pensée philosophique issue de Marx reformule ses questions premières : celle des fonctions sociales et des enjeux politiques de la théorie, celle de la vérité comme « appropriation pratique » du monde, celle des formes d’assujettissement liées à l’universalité elle-même, celle des « contradictions du progrès » et de la dialectique historique, celle de l’éthique révolutionnaire comme expression de l’effort de libération individuelle et collective. Ce texte désormais classique est augmenté, à l’occasion de son passage en collection de poche, d’un long inédit, préface à l’édition allemande du livre.

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Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ?
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Ville Brule Eds La)
Pour tout savoir sur les riches et l’origine de leur fortune, pour comprendre que la richesse et la pauvreté n’ont rien de naturel, pour voir le monde tel qu’il est et avoir envie de le changer…
Un premier manuel de pensée critique clair et engagé à mettre entre toutes les mains, de 9 à 99 ans !
Monique et Michel Pinçon-Charlot sont sociologues, spécialistes de la grande richesse. Étienne Lécroart est auteur et dessinateur de bandes dessinées et dessinateur de presse.

Murray Bookchin & l’écologie sociale libertaire (Editions Le Passager Clandestin)
par Vincent Gerber et Floréal Romero et Murray Bookchin

« Nous nous attaquerons directement aux racines sociales de la crise écologique! »

Murray Bookchin (1921-2006) est l’un des premiers penseurs à intégrer la dimension sociale et politique à la question écologique. Pour lui, les rapports de domination engendrés par le capitalisme sont à l’origine de la crise environnementale. La force de sa pensée réside dans la proposition du municipalisme libertaire, alternative démocratique à l’État-nation, qui appelle à un retour à la gestion humaine des affaires publiques et à la prise de décision collective. Le projet profondément humaniste de Bookchin offre des outils pour réinventer la démocratie directe et bâtir une société égalitaire et écologiste.

Sociologie de la bourgeoisie
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Editeur La découverte)
Depuis dix ans, la bourgeoisie a connu des bouleversements liés notamment au pouvoir grandissant de la finance sur l’industrie, la politique et les médias. Quelles en sont les conséquences sur les différentes formes de richesse, l’argent, la culture, les relations sociales et le prestige qui caractérisent cette classe sociale ?
Les modes de vie des grands bourgeois ont-ils changé ? Dans quelles conditions leurs positions dominantes se reproduisent-elles de génération en génération ? Quel est le rôle des dynasties familiales dans cette transmission ? La bourgeoisie, face à la montée des inégalités économiques et sociales, est-elle consciente de leurs conséquences sur les peuples ? Est-elle la dernière classe sociale ? La mobilisation pour la défense de ses intérêts exige des liens de plus en plus étroits avec les politiques. Peut-on parler d’une oligarchie ?
C’est à ces questions sur cet univers encore trop méconnu et qui préférerait le rester que répond ce livre rigoureux et accessible. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS

Jacques Ellul contre le totalitarisme technicienpar Serge Latouche et Jacques Ellul (Ed Passager clandestin)

Jacques Ellul a, dès l’origine, été perçu par le mouvement de la décroissance comme l’un de ses principaux précurseurs. Sa critique de la démesure technicienne et son analyse du « totalitarisme technicien », comptent parmi les pièces maîtresses du projet, en l’alimentant aussi bien sur le plan théorique que sur celui des propositions concrètes.
Jacques Ellul a dénoncé en maints endroits et avec la plus grande fermeté la démesure de la société occidentale, la croissance et le développement. Il a montré que la société économique de croissance ne réaliserait pas l’objectif de bonheur proclamé de la modernité, et que les évolutions de la technique étaient incompatibles avec les rythmes de l’homme et l’avenir du monde naturel.
Cette relecture par Serge Latouche de la pensée de Jacques Ellul, rappelle aussi que la virulence de la critique sociale du maître bordelais s’accompagnait toutefois d’une conception minimale de l’action politique, définie comme dissidence individuelle. Lire Ellul à l’ère de l’anthropocène, c’est aussi rappeler, avec les objecteurs de croissance, que les temps sont désormais aux métamorphoses
radicales.